A
Abandon
Rupture douloureuse, sentiment
d’échec, désespérant. C’est aussi dans le vocabulaire des praticiens
du corps, la capacité de « lâcher prise » en toute confiance, qui
conditionne l’immersion dans la relaxation, la détente méditative.
Abstinence
Renoncement volontaire aux plaisirs
charnels, en conformité avec des convictions le plus souvent
induites par des traditions éducatives et religieuses. Cette
continence peut être affichée avec orgueil, alors qu’elle est en
fait douloureusement subie pour cause de solitude, de laideur, ou de
mentalité acariâtre et revêche.
Anorexie
La restriction alimentaire
volontaire chez l’adolescente ou la jeune femme,
est une lutte contre la faim pour
des motifs esthétiques souvent illégitimes.
L’amaigrissement altère gravement
leur santé, et leur image du corps,
refusant tout éveil sensuel dans une
attitude d’abstinence déprimante.
Abus
Conduite illicite fondée sur la
tromperie, la duperie, le mensonge. En ce qui concerne les
comportements sexuels délictueux, l’abus sexuel n’est pas un terme
de droit, mais une expression d’usage courant pour désigner une «
atteinte sexuelle » commise sans violence, contrainte, menace ni
surprise, sur un mineur ou une personne invalide.
L’Attentat à la pudeur
Regroupait autrefois les faits
répréhensibles que le nouveau code pénal de 1994
qualifie désormais « d’atteinte
sexuelle ».
Académique (nu)
Style de représentation graphique ou
sculptural de la nudité, propre en 1900 à l’Académie des Beaux-Arts,
soucieux d’esthétisme frigide et compassé. Sous un régime de
censure, sert d’alibi à la diffusion d’images humblement
licencieuses.
Accoucher
Depuis le XVII° siècle seulement :
se coucher pour mettre un enfant au monde. Aujourd’hui,
l’obstétrique - médecine de la maternité - reconnaît les bénéfices
anatomo-physiologiques des positions assises, mais surtout
accroupies, décuplant l’efficacité des contractions, de
l’hémodynamique* et de la ventilation maternelles.
Accouplement
Qualifie en astrologie la
« conjonction d’astres », du moins jusqu’au XIII°siècle pour nommer
ensuite... la copulation* conjugale, voire parfois le mariage.
L’usage est affublé aujourd’hui d’une connotation plutôt triviale.
Accroissement du pénis
Mutilation sexuelle moderne, sous
couvert de l’autorité médicale, qui consiste à sectionner le
ligament qui suspend la verge au pubis dans l’espoir illusoire
« d’agrandir » le sexe. Echo pathétique d’une obsession collective,
cette chirurgie n’est licite que pour tenter de corriger
d’authentiques malformations génitales. Sinon, le gain de taille est
insignifiant. La mobilité anormale de la verge en érection est une
séquelle post-chirurgicale redoutable.
Quelles normes ?
Véritablement hantés par leurs
mensurations génitales les hommes sont de surcroît privés
de statistiques qui les
conforteraient dans leur obsession dérisoire :
une verge en érection qui
confesserait le score d’une douzaine de centimètres
n’aurait pas à rougir de sa décence.
Acte
Expression adoptée par les
adolescents : « faire l’acte », c’est franchir le seuil du flirt
« poussé » et faire l’amour avec pénétration. Le vocabulaire
juridique désigne dans le « passage à l’acte » un comportement
délictueux, irréfléchi, le plus souvent d’ordre sexuel.
Acting out
Désigne en psychanalyse des actes
impulsifs, inhabituels, souvent d’ordre sexuel,
qu’un sujet « défoule » au cours de
sa cure. On peut aussi utiliser
le terme plus général
« d’abréaction » pour désigner ces mécanismes
d’extériorisation brutale d’émotions
refoulées.
Addiction
Terme
issu de l’anglais, qui assimile « l’obsédé » sexuel au toxicomane.
L’influence des courants de pensée qui prônent encore le respect
d’un ordre moral aux Etats-Unis, recrute de nouveaux concepts dans
le corps médical afin de « psychiatriser » l’excès de zèle érotique.
Cet amalgame ne permet cependant plus de distinguer, l’amateur
« boulimique » mais hors de danger pour lui-même et pour autrui, du
pervers fanatique.
Adducteurs (muscles)
Groupe de trois muscles, tendus
entre le pubis* et le bas du fémur, permettant l’écartement et la
rotation en dehors de la cuisse, c’est à dire en fin de compte
l’ouverture de l’entrejambe. Chez la femme, la contraction
involontaire et invincible de ces muscles est un des signes majeurs
du vaginisme*.
Adolescence
Phase d’intérim entre la puberté* et
l’âge adulte. Sexuellement, les questions touchant au corps et à
l’éveil de ses besoins ne trouveront pas immédiatement les réponses
escomptées. La précipitation de l’éjaculation, l’anesthésie
vaginale... laissent garçons et filles sur leur faim, démunis des
secours d’une fonction érotique* encore en gestation. C’est ce
décalage, entre l’immaturité fantasmatique et la vie à l’état brut
des organes, qui définit la sexualité de l’adolescence.
Premiers coïts
L’âge des premiers rapports n’est
pas un paramètre fiable pour évaluer le
degré d’épanouissement sexuel des
ados, car pour la plupart ce sont des circonstances
tout à fait aléatoires qui en ont
décidé. Plus difficile à explorer, c’est leur propre évaluation
des difficultés d’en jouir qui
indique leur niveau de maturité.
Adultère
Transgression du devoir de fidélité
conjugale né des prescriptions civiles et religieuses du mariage.
Les concubins* et les « couples non cohabitants » n’emploient pas ce
terme, mais le vécu d’une trahison est tout aussi nocif pour la
survie du lien amoureux.
Affection
Sentiment d’attachement, à la fois
profond et tendre. Un « ressenti » qui s’interpose entre l’amitié et
l’amour parce qu’il n’en a pas le caractère aussi entier. C’est le
sentiment résiduel d’un couple qui s’est beaucoup aimé, et qui
choisit de ne pas se quitter.
Apathie
En réaction à une surcharge
intolérable de difficultés, ou par renoncement à lutter contre ses
propres frustrations, l’apathie met en sourdine toute vie affective,
et se manifeste par
une indifférence et une inertie
inquiétantes, motifs parfois de séparation.
After-hours
Pour les noctambules totalement
insomniaques ou encore bredouilles, il s’agit de poursuivre la
« soirée » après les heures de fermeture des boites normales,
et de rejoindre des établissements qui vont ouvrir eux après quatre
ou cinq heures du matin.
Agressivité
Caractérise de prime abord
l’hostilité et les actes nuisibles ou humiliant qui l’expriment.
Sexuellement, cette offensive nuisible prend des formes plus
complexes : retournée contre soi-même (autopunition), ou traduite en
sarcasmes humiliant, elle vise toujours à désorganiser la relation.
Abréaction
Très forte réaction émotionnelle
pouvant libérer une décharge d’agressivité
sur le coup d’une révélation
pénible, du rappel d’un souvenir traumatique.
Aisselle
Zone sous le bras qui fait un angle
fermé avec le corps ; ce n’est pas seulement sa sensibilité, sa fine
pilosité ou sa moiteur odoriférante qui peuvent en faire une zone
érogène, mais en effet l’ouverture de cet angle dans un mouvement
d’élévation des bras en signe d’abandon lascif.
Alcoolisme
Toxicomanie mortelle mais
politiquement correcte car pourvoyeuse d’impôts et de maintien de
l’emploi. Sexuellement, l’ébriété consciencieusement limitée aux
normes sociales permet encore aux timides et aux minables de faire
illusion, mais au stade de l’ivresse quotidienne l’impuissance
achève de piller les ruines du couple, définitivement.
Les femmes boivent chez elles
De plus en plus associé au
tabagisme, l’alcoolisme domestique
féminin équivaut à une toxicomanie
majeure : l’alcool est bu en début d’après-midi, en quantité, pour
obtenir un seuil brutal d’inconscience. L’ébriété ne doit pas durer
plus de trois
heures, pour être indécelable à
l’heure du repas familial...
Allaitement
Les contorsions auxquelles se
livrent les industriels pour moderniser l’alimentation des bébés ne
devraient pas convaincre les femmes authentiquement maternelles de
ne plus allaiter : cette fusion charnelle est un des piliers de
l’identité sexuelle de l’enfant.
Le biberon et le regard
L’invention du verre moulé et de la
tétine en caoutchouc, au XIX°siècle,
inaugure un mode « artificiel »
d’allaitement. Les déficits d’ordre tactiles et olfactifs
doit être compensé par d’intenses
échanges visuels.
Amant
Individu tenu, plus ou moins
clandestinement, de servir de postiche à des frustrations
conjugales, des projets utopiques, des goûts inavouables... désigne
élégamment un homme objet.
Amant de cœur
Appellation pompeuse qui a perdu son
sens érotique médiéval,
qui masque aujourd’hui une
« courtoisie » chaste mais assidue.
Amateurs
Dans la production audiovisuelle
pornographique aussi bien que dans le sport d’équipe, atteste du
caractère non-lucratif de l’exercice ; par rapport aux productions
industrielles, les « vidéos amateurs » gagnent en sincérité ce
qu’elles perdent en exhibition des laideurs domestiques.
« Comédiens » de porno
La « magie » des tournages fait
rêver. Les acteurs, même occasionnels, se targuent d’être des
« comédiens », mais leur rémunération doit les assimiler au statut
de prostitués et les producteurs à celui de proxénètes*.
Amazone
Nom de guerrières légendaires d’Asie
Mineure, devenu parodie des lesbiennes à l’allure très masculine.
Illustre aussi une position du coït, nommée aussi « position
d’Andromaque », chevauchant le légendaire Hector, qui permet à la
femme d’exercer son talent de cavalière, en se plaçant à
califourchon sur son partenaire.
Ambivalence
Expression simultanée de sentiments,
d’attitudes, de motivations contraires. C’est surtout en matière de
thérapie de couples* que cette opposition, entre le désir de
« sauver la relation » et le refus de toute solution par exemple,
prend tout son sens « pervers » et incurable.
Aménorrhée
Désigne l’absence de règles. Le
cycle menstruel est sujet à de très nombreuses vicissitudes chez les
femmes « en période d’activité génitale » comme l’exprime le jargon
médical, mais la plus naturelle a toute chance d’être l’indice
avant-coureur d’une grossesse.
Amitié
Mode de relation entre des personnes
qui se manifestent un attachement désérotisé.
Amitiés particulières
Amitié amoureuse entre hommes. La
connotation sexuelle est volontairement
tout aussi floue dans « l’ami » ou
« l’amie ».
Amour
Elan affectif universel qui permet
avec joie de transgresser le dégoût qu’inspireraient sans lui les
actes que l’on commet en son nom.
Androgènes
Terme générique qui désigne les
différentes hormones circulant dans le sang, sécrétées par les
testicules, assurant dès la vie fœtale l’orientation masculine du
développement embryonnaire, puis la puberté, et enfin, garantissant
la fertilité et la stabilité des motivations érotiques de l’adulte.
Les androgènes chez la femme
Les ovaires et les glandes
surrénales sécrètent les mêmes androgènes que chez l’homme,
mais en quantité dix fois moindre.
50% des femmes ménopausées vont en disposer encore un peu. Ce sont
les « messagers » des besoins d’agir, et non du désir ou de
l’hétérosexualité.
Androgynie
Malformation ambiguë des organes
génitaux du garçon. Avant sa naissance, un léger déficit hormonal a
touché les derniers stades de la différentiation sexuelle : petit
pénis, position anormale de l’ouverture de l’urètre, et aspect
efféminé du scrotum*. La morphologie générale est masculine. Se dit
aussi en langage commun d’une femme qui a des allure de
« garçonne ».
Andrologie
Label récent, pour décrire
l’approche pluridisciplinaire qu’exigent aujourd’hui les questions
de biologie de la reproduction, et plus spécifiquement de stérilité
masculine.
Andropause
Crépuscule de la virilité, qu’aucune
recherche biologique actuelle n’est en mesure d’attester sur le plan
hormonal, mais que l’expérience quotidienne rend coupable des
premiers déboires sexuels de la soixantaine.
Traitement
Le traitement substitutif de
l’andropause n’existe pas : la prescription d’androgènes peut être
même néfaste sexuellement, le cerveau étant « leurré » par un taux
circulant dans le
sang bien supérieur à la normale, il
freine le fonctionnement des testicules.
Anéjaculation
C’est l’impossibilité d’accéder
simultanément à l’orgasme et à l’éjaculation lors du coït*, parfois
même par masturbation. Chez le jeune, en dehors de malformations ou
de graves séquelles chirurgicales, l’inhibition* de ces puissants
réflexes peut être la conséquence de troubles psychiatriques, de
toxicomanies illicites ou médicamenteuses. Après la soixantaine,
cette privation de jouissance compte parmi les conséquences
inéluctables de l’âge.
Ejaculation rétrograde
Suite inéluctable de la chirurgie
prostatique, l’éjaculation est refoulée vers la vessie,
mais les perceptions voluptueuses de
l’orgasme sont sauvegardées,
c’est une jouissance « à sec »,
invisible. Il n’y a pas de traitement.
Angoisse
L’anxiété est une réaction
d’autodéfense, prémonitoire, qui va ébranler l’organisation
psychique d’un passage à l’acte. Que l’imminence d’un danger soit
réelle ou supposée, le sentiment de ne pas être capable d’y faire
face est un sabotage intellectuel... Le terme d’angoisse est défini
par la trace qui en est livrée à autrui, le versant corporel de
l’anxiété : palpitations, sueurs froides, crispation des mimiques,
striction respiratoire, sécheresse de la bouche...
Dédramatiser
L’anxiété est avec la dépression le
« marqueur » le plus fréquent des problèmes sexuels.
Que l’anxiété soit « maladive » ou
réactionnelle à un événement donné, elle désorganise
la vie sentimentale et érotique en
en faisant un « drame ». C’est en « dédramatisant »
l’histoire qui lui est contée que le
sexologue amorce la première étape de sa prise en charge.
Anilinctus
Le léchage de la zone anale entre au
répertoire des conduites érogènes qui précèdent habituellement le
coït, mais il est peu commun car il implique une réciprocité des
affinités et de la confiance. Chez les homosexuels, où l’action
portait autrefois le sobriquet de « feuille de rose », la crainte
des contaminations virales en limite l’usage.
Anal
Indique dans la presse échangiste*
l’attrait de l’annonceur pour la sodomie,
les pénétrations instrumentales ou
le fist*.
Anorgasmie
Qualifie les difficultés récentes ou
anciennes, totales ou sélectives, qu’éprouve une femme à atteindre
l’orgasme. Chez l’homme, sauf exception, la privation d’orgasme est
liée à l’absence d’éjaculation. Certes, les « déchets ultimes »
d’une enfance en souffrance peuvent inhiber la bonne marche de ces
réflexes, mais il ne faut pas sous-estimer l’effet nocif des
pathologies organiques et parfois des médicaments.
Antidépresseurs
Médicaments considérés comme des énergiseurs
psychiques, issus de plusieurs familles chimiques, ouvrant depuis
1957 une nouvelle ère dans le traitement de la dépression non
psychiatrique, capables notamment d’augmenter la vitalité, de
recréer une impression de bien-être, d’apaiser l’anxiété, de
restaurer la volonté d’agir.
Accoutumance
L’usage hâtif et continu de ces
médicaments « cache-misère » va à l’encontre de
leur vocation, en remplaçant un
épisode dépressif transitoire par une « pharmacodépendance », c’est
a dire une forme médicalement assistée de toxicomanie.
Anus
L’embouchure du tube digestif forme
un anneau extrêmement riche en vaisseaux, nerfs et muscles, afin
d’assurer des fonctions sphinctériennes sans défaut. Bien que ne
disposant ni de réflexes de lubrification, ni d’une capacité
naturelle à se dilater, le canal anal représente aussi bien chez les
femmes que chez les hommes une zone érogène potentielle. Si son
exquise sensibilité et la tonicité de ses contractions motivent son
recrutement pour des emplois ludiques, l’anus accuse une fragilité
aux pénétrations de corps étrangers qui impose une discipline et un
consentement mutuel.
Proctologie féminine
L’étude et les traitements des
affections anales chez la femme sont tributaires de
l’influence probable des cycles
hormonaux, mais surtout des grossesses et des accouchements
qui peuvent être responsables de
séquelles durables, contre-indiquant la sodomie*.
Aphrodisiaque
Se dit de tout moyen, matériel ou
imaginaire, capable de stimuler et plus encore, de doper, les
capacités à la fois physiques et intellectuelles de candidats aux
records érotiques. Regorgeant d’une histoire qui prend racine dans
les premières humiliations déjà subies par l’homme des cavernes, les
aphrodisiaques peinent à quitter le domaine du savoir folklorique
pour aboutir à une approche plus scientifique de la physiologie
sexuelle.
Les plantes des Dieux
Métaphore botanique qui rappelle que
les plantes sont depuis toujours les
compagnes à la fois maudites et
convoitées des hommes en quête d’hallucinations
et de dopage de leur potentiel
érotique. L’imbrication entre leurs
effets narcotiques et aphrodisiaques
les exclut de la pharmacopée occidentale.
Appétit
Si les pulsions de l’instinct
suffisent à la majorité pour assurer un Smic sexuel, l’appétence qui
incite à en explorer des espaces plus raffinés, ou qui en maintient
tout simplement le goût, est une affaire de tempérament. Les
désaccords persistants dans un couple au sujet de l’appétit sexuel
creuse entre des partenaires dissemblable à cet égard un fossé
qu’aucune thérapie ne va combler.
Autocritique
Lors de divergences graves à propos
des « besoins de rapports », c’est celui ou celle qui
se refuse qui finit par s’estimer
« anormal » : jugement qui va précipiter la rupture
dès lors que son caractère injuste
est enfin compris.
Aréole
Surface pigmentée qui fait un cercle
autour du mamelon du sein. Le diamètre est en moyenne de quatre à
cinq centimètres, et sa surface est parsemée de petites éminences
formées par des glandes « sébacées » - de « sébum » : matière grasse
- qui sont chez l’homme traversées par un poil. L’aréole recouvre un
fin réseau musculaire qui participe à « l’érection » du mamelon
féminin.
Ascèse
Renonciation au plaisir, beaucoup
plus « théâtralisée » que dans la continence*, qui s’inscrit ici
dans un vrai travail de sublimation mystique. Mais la religiosité a
bon dos chez nombre de « pervers haineux » vis à vis d’eux-mêmes,
qui se punissent de n’être pas en mesure d’expurger leur sadisme
inconscient.
Asthénie
Si la fatigue est une fonction
naturelle de l’organisme, qu’elle défend contre le surmenage,
l’asthénie trahit un dépassement de ces limites et s’accompagne de
nombreux signes de souffrance aussi bien physique que morale.
Sexuellement, cet état d’épuisement déprime le plaisir et décourage
tout désir de dialogue.
Atavisme
Inscrit l’existence dans une
continuité (le « lignage » des ethnologues) et des ressemblances
qui fondent la parenté. L’hérédité des comportements et des
mentalités n’est pas douteuse, c’est la quote-part du facteur
culturel qui n’est pas bien identifiée. A tort ou à raison, au sujet
de la sexualité, les préjugés populaires caricaturent ses empreintes
innées (couleur de peau, physionomie du visage, morphologie
générale et naturellement génitale) pour en dégager un motif de
séduction ou un prétexte de répulsion raciste.
Canons de beauté
L’hérédité des caractères physiques
induit dans l’appréciation de la beauté
des corps des critères propres à
chaque culture. La mondialisation des canons
esthétiques occidentaux fait office
de standard, mais c’est une manière
de coloniser l’imaginaire des
peuples sans écriture.
A tergo
Manière de dire « par derrière »
dans le jargon médical, friand de latin lorsqu’il faut bien conjurer
l’indécence du terme sodomie*.
Atrophie
Malformation, innée ou acquise, qui
se caractérise par la diminution de volume d’un organe, et en
l’occurrence ici s’applique couramment à la morphologie des seins ou
des testicules.
Attachement
Lien profondément fixé dans la
mémoire olfactive du bébé, et par mimétisme, dans la tolérance
olfactive du couple heureux. Autrement dit, l’empreinte bénéfique
qui institue l’indissolubilité du lien maternel, se reproduit
partiellement chez les adultes fécondés par un sentiment amoureux
durable. Cette « attache » rend tolérable une promiscuité
sensorielle, dont l’olfaction est en effet le principal enjeu.
Sentir
La haine dans le couple est
démasquée dès lors qu’une répugnance olfactive
s’installe, rendant la cohabitation
progressivement intolérable,
au motif que « l’on ne peut plus se
sentir ».
Attirance
Forte impulsion du désir, sous
l’emprise d’une séduction réciproquement consentie, ou au contraire
sous la pression de besoins grossiers. Autrement dit, en société,
l’esprit de conquête est sous haute surveillance, et gare au
« sex-appeal* » qui l’envoie en première ligne sans savoir-vivre.
Attouchements
Approche tactile du corps. L’usage
actuel désigne les manipulations génitales commises par l’adulte sur
un mineur dans le cadre des « atteintes sexuelles » punissables.
Auto-érotisme
Dépeint à l’origine une des phases
initiales de la sexualité de l’enfant, par laquelle il s’instruit
lui-même de la qualité érotique de son propre corps. L’expression
évolue pour désigner désormais la masturbation.
Automutilation
Un sentiment de culpabilité extrême,
une auto-accusation délirante, peut conduire à un geste de châtiment
corporel impliquant les organes génitaux, mais la composante érogène
y est absente, contrairement à la pratique masochiste de certains
transsexuels* psychopathes.
Aversion
Puissante réaction de répulsion, ou
de honte, qui a été préconisée comme moyen de prévention des
récidives d’actes sexuels répréhensibles. Chaque évocation du geste
incriminé déclenche une sensation pénible, ou le stress d’une
autocritique publique, ce qui doit en principe créer à la longue de
nouveaux réflexes conditionnés à une autre vision du désir.
Aveu
Moment fatidique du jeu de la
vérité : aussi illusoire pour déclarer sa flamme, que pour se faire
pardonner.
Mentir
Cacher, simuler, dissimuler,
feindre, taire, des vérités qui, sexuellement,
ne sont jamais bonnes à dire.
Avortement
Arrêt spontanée ou médicalement
assisté d’une grossesse. S’ajoutant aux questions éthiques,
religieuses et psychologiques, l’interruption de la gestation pose
des problèmes de santé publique qui font l’unanimité, mais qui n’ont
pas permis à tous les gouvernements d’adopter des législations
adéquates.
I.V.G.
Sigle légendaire, offrant en France
depuis les lois de 1975 et 1979 une issue
réglementée à l’interruption
volontaire d’une grossesse
avant la 12° semaine d’aménorrhée*.
Azoospermie
Absence de tout spermatozoïde dans
l’éjaculation. Emblème majeur de la stérilité masculine. La norme
fluctue entre 25 et 200 millions par ml. Si la numération reste
basse, on parle « d’ligospermie ».
Spermogramme
L’examen biologique du sperme permet
d’évaluer son potentiel fécondant,
en « comptant » les spermatozoïdes,
mais en observant aussi leur vitalité, leur morphologie.