D
Danger
Imminence d’un
risque menaçant. L’épidémie de Sida* a profondément marqué les
représentations collectives de la sexualité en y imprimant la notion
de risque mortel. L’effroi est d’autant plus alarmant que le danger
est invisible, qu’aucun signe extérieur ne trahit la
séropositivité*.
Danse
Langage musical des
corps. La gestuelle rythmée est à la base du coït*, dont le
rendement émotionnel est largement tributaire de la synchronisation
des mouvements du bassin. La caresse elle même est le reflet d’un
talent chorégraphique irremplaçable. Sacrée ou profane, folklorique
ou musette, la danse est la plus jolie médiation entre les corps et
le désir qu’elle peut alors érotiser.
Débutant
Noviciat du garçon
en matière sexuelle. Période à haut risque de déceptions et de
bévues : les premiers coïts se soldent naturellement par une
précipitation de l’éjaculation, aussi inattendue qu’anodines, qui
décourage et culpabilise plus d’un candidat à l’extase, face à une
partenaire elle aussi en rodage et déçue.
Décalotter
Tirer sur la peau
qui recouvre l’extrémité de la verge (prépuce*) pour libérer le
gland. En dehors de malformations mineures (phimosis*), la peau est
très mobile sur une verge en érection et coulisse facilement lors
des pénétrations ou de la masturbation, exposant alors une muqueuse
capable de révéler toute sa réceptivité érogène.
Toilette
La zone de jonction
entre le gland et la verge forme un petit renflement circulaire dans
le
sillon duquel
s’accumule naturellement un dépôt de cellules mortes de la peau du
prépuce appelé « smegma ». Le lavage de cette « boue » cellulaire
grasse et malodorante est une
tâche maternelle dès
la prime enfance, et un devoir d’hygiène biquotidienne chez
l’adulte.
Défloration
Rupture de l’hymen*
lors d’une pénétration vaginale, sexuelle ou instrumentale. Chez la
vierge timorée et « nunuche », l’épreuve est redoutée parce qu’elle
est réputée douloureuse et sanglante. En réalité, l’infinie variété
anatomique de l’hymen ne permet jamais de prévoir dans quelles
conditions il va s’effacer pour libérer les voies naturelles de la
sexualité.
Consentement
En milieu urbain une
fille sur dix au moins avoue n’avoir pas consenti à sa défloration,
et pour
un tiers des
mineures de 18 ans, le premier coït sert de « ticket d’entrée » dans
la vie adulte,
plutôt que d’un réel
investissement sensuel. Immaturité qui contribue à rendre
détestables les souvenirs de cette défloration hâtive et
opportuniste.
Dégoût
Sentiments de
répulsion, d’aversion, d’écœurement, qu’inspire l’instinct de
survie, mis en alerte par des signaux sensoriels appartenant à un
répertoire génétiquement programmé. A un moindre degré, les dégoûts
alimentaires ou la répugnance qu’inspirent les organes sexuels,
leurs sécrétions et
leur fragrance, relèvent de choix culturels et éducatifs, mais
obèrent les perspectives d’épanouissement érotique.
Délinquance
Ensemble des
comportements asociaux, eu égard au consensus qui en établit la mise
à jour en fonction de l’évolution des mentalités et des du pouvoir
politique du moment.
Criminologie
La délinquance
sexuelle colle intimement aux facteurs criminogènes généraux,
qu’il s’agissent de
la brutalité des jeunes entre eux, ou des violences commises dans
le
huis clos familial
par exemple : la perversion* est un indice d’exclusion et
d’inadaptation
socio-économique,
avant d’être un diagnostic psychiatrique permettant
au corps social de
se défausser de toute responsabilité.
Dents
Organes de la
mastication et de l’élocution. La dentition participe à l’expression
du sourire et à l’esthétique globale du visage. Mais outre sa valeur
symbolique, liée par exemple aux empreintes de la succion du sein
maternel ou à la perte des dents illustrant l’imminence de la mort,
la dentition est sexuellement mobilisée dans tous les jeux de
bouche, du baiser à la morsure.
Ethnologie
Colorations et
mutilations des dents « de façade » sont habituelles dans de
nombreuses ethnies,
montrant que la
dentition est une valeur ajoutée à l’élégance et une marque
hiérarchique : couronnes en or, laquage, incrustation de pierres
précieuses, extractions et limages abrasifs.
Dentelle
Textile ajouré et
très délicat qui est associé dès le XVI°siècle à l’étiquette royale
et se portent aussi bien par les hommes que par les femmes, autour
du cou ou des poignets, sur les coiffures, en volant, en ruché ou en
drapé... Au développement de la dentelle « mécanique » correspond en
1858 la création de la Haute Couture, et dès lors, d’une mode
féminine qui s’en empare et en fait son fleuron : douceur et
transparence créent une lingerie aussi admirable qu’un bijou.
Dépression
Etat mental
caractérisé par une profonde tristesse. Sexuellement, la « déprime »
s’allie à la fatigue et à l’anxiété pour mettre rapidement en
faillite le désir et ses manifestations physiques, aussi bien chez
les hommes que chez les femmes. La vie privée est provisoirement en
berne.
Voir aussi
antidépresseur.
Dépuceler
Equivalent argotique
de la défloration depuis le XVII°siècle. La langue contemporain des
cités lui préfère désormais le verbe « dévierger », encore plus
explicite.
Désir
Versant conscient du
besoin. « Face visible de l’iceberg », le désir naît de la nécessité
de mettre en forme convenue, de communiquer, annoncer, expliquer,
révéler ce qui relève de la pulsion de faim, de soif, d’orgasme,
autant dire de vie.
Voir aussi
frigidité.
Dessin animé
Prise de vue de 24
dessins par seconde, offrant à l’œil l’illusion du mouvement. Ainsi,
la « bande dessiné* » devient-elle un dessin animé réaliste - un
cartoon - qui, dans le domaine de la sexualité, s’inscrit dès
les années 1920 aux Etats-Unis comme alternative burlesque et
parfois même coloriée (gouachée à la main) aux thèmes beaucoup plus
conventionnels des « films de bordel » en noir et blanc.
Dessous
Au pluriel, les
dessous résument cette lingerie féminine qui se porte comme une
seconde peau sous les vêtements et que la mode rend éblouissante
pour que les corps enjolivés aveuglent le regard des hommes.
Dessus
Evocation usuelle
des diverses postures du coït qui placent la femme à califourchon
au-dessus de son partenaire, et qu’Andromaque, Reine de Troie au
XIII°siècle avant J.-C., rendit légendaire au bon plaisir d’Hector,
avant que le sort des armes ne lui soit funeste.
Détachement
Crépuscule du
sentiment amoureux composé de deux mouvements, l’un d’abandon et
l’autre de renoncement, qui concourent à installer les conditions de
l’oubli, sans peine et sans regret.
Epilogue
Les manières de
sortir d’une histoire d’amour sont aussi nombreuses que celles qui
ont permis d’y
entrer, mais la désinvolture et l’indifférence affichées lors d’une
rupture
sont
particulièrement douloureux pour le partenaire déchu.
Détumescence
Retour à l’état de
flaccidité de la verge. La perte de l’érection est physiologique et
invincible dans les secondes qui suivent l’éjaculation, mais elle
constitue également le signal d’une cassure inopinée de
l’excitation, ramollissant la verge plus ou moins vite, plus ou
moins complètement, mettant un terme prématuré aux opérations en
cours.
Conduite d’échec
La dérobade de
l’érection représente l’autre volet de l’impuissance* et accompagne
très souvent la débandade de la confiance en soi et l’exode du
plaisir.
Dévisager
Traduire et
interpréter les mimiques compte au nombre des signes non verbaux de
l’expression incontournable des consentements et des répulsions.
Deuil
Perte irrémédiable.
« Faire le deuil » c’est à titre posthume tenter de se détacher
d’une histoire qui se vantait d’être insubmersible... Chaque rupture
met ainsi en marche ce processus d’oubli qui n’est jamais qu’une
manière détournée de reconstruire son amour propre.
Déviation
Qualifie des
comportements non admis par le corps social et qui obéissent plus à
un défoulement incontrôlé qu’à une structure obscène de la fonction
érotique, autrement dit plus proches des conduites perverses
criminogènes.
Diaphragme
Accessoire de
contraception locale féminine dont la première description date de
1882 : disque de latex, bombé en coupole et maintenu sur un cercle
plus rigide, qui permet l’insertion dans le fond du vagin et
l’obturation du col. A l’action de barrière mécanique il est
conseillé d’ajouter un spermicide* ce qui rend la méthode encore
plus contraignante et démodée face aux autres méthodes de
contraception.
Diaphragme vaginal
Malformation
congénitale touchant 1 femme sur 80 000 environ : il s’agit d’une
cloison qui
barre en travers la
cavité vaginale. Neuf fois sur dix l’obstacle est incomplet et
n’est pas une
cause de stérilité,
mais de dyspareunie* imputée à tort à un hymen trop robuste.
Dicton
Sentence populaire
qui « dicte » de façon imagée et plus ou moins triviale, une règle
de conduite ou une opinion communément admise, notamment dans le
domaine des relations entre les hommes et les femmes, ainsi que les
suspicions réciproques qui les animent.
Différentiation
sexuelle
Ensemble des
mécanismes qui, de la fécondation à l’âge adulte, aboutissent à la
construction harmonieuse de la masculinité ou de la féminité.
Le genre
Les auteurs
américains nomment « dysphorie de genre » des états
d’indétermination sexuelle,
non pas anatomique
mais bien psychologique : des goûts vestimentaires
aux convoitises
érotiques, les limites du genre masculin ou féminin
se fondent ici dans
des contours très estompés.
Digue dentaire
Carré de latex de
152 x 152 mm de côté utilisé par le chirurgien-dentiste comme
mini-champ opératoire pour isoler les dents voisines et protéger la
muqueuse des gencives...Dans les milieux lesbiens adeptes du safer
sex* on en préconise l’usage lors des pratiques oragénitales*
surtout pendant les règles, dont le sang aggrave le risque de
transmission du VIH*.
Digues non latex
Feuilles en
élastomère synthétique pour les allergiques au latex. Sans
odeur de caoutchouc
et tout aussi résistantes à la déchirure.
Dilatations
Le goût pour les
pénétrations extrêmes passionne autant les hommes que les femmes :
le fist* en est témoin. Après une phase « d’apprentissage »,
l’élargissement de l’orifice vulvaire peut atteindre huit
centimètres de diamètre... ce qui correspond aux mensurations
exigées pour l’intromission du cul d’une bouteille.
Distillatio
L’excitation
érogène, vécue ou imaginée, déclenche des sécrétions issues des
glandes urétrales, destinées à faciliter ultérieurement le passage
du sperme. Cette « lubrification » apparaît à l’orifice du gland
sous forme d’un liquide transparent et visqueux, dont l’abondance
est très variable, mais des novices peuvent la confondre avec
l’éjaculation... et perdre leur érection.
Prophylaxie
« Lavant » le canal
de l’urètre sur son passage, cette sécrétion n’est pas toujours
inoffensive : elle peut recueillir des spermatozoïdes datant d’une
éjaculation toute récente, ou des virus,
justifiant les
recommandations concernant l’usage du préservatif dès le début du
coït.
D.i.u.
Abréviation de
« dispositif intra-utérin », voir stérilet.
Divorce
Dissolution du
mariage civil prononcée au terme d’un jugement. La notion de
« consentement mutuel » offre en droit français une possibilité
moins conflictuelle de rompre une union, mais si le désaccord porte
aussi sur des frustrations d’ordre sexuel, la procédure « pour
faute » est inévitable.
Divorcée
Le nombre croissant
de femmes vivant seules, de familles « monoparentales »,
n’efface pas
totalement l’opprobre du divorce. Les difficultés matérielles et la
solitude
rendent plus
nécessaire que jamais la quête d’un remariage.
Doigt de cour
Expression de la
poésie libertine du XVIII° siècle, qui désigner le médius, le doigt
du milieu, le majeur, le plus long, le plus estimé des cinq, puisque
c’est lui qui parraine la masturbation féminine.
Domination
Ensemble des
pratiques d’assujettissement des soumis*. Le rapport maître-esclave
est cependant régit par une réciprocité des bénéfices érotiques et
ne peut pas être confondu avec le sadisme*. Si la véhémence physique
et verbale est le dénominateur commun de ses rituels, du spanking*
au bondage* par exemple, elle n’atteint pas la brutalité des sévices
du S/M*.
Don
D’une part,
l’abandon et le lâcher prise, l’offrande de soi en toute confiance
et, d’autre part, la générosité et le dévouement au plaisir
d’autrui : deux aptitudes primordiales de l’art d’aimer.
Don juan
Personnage
romanesque qui a inspiré, dès sa première apparition littéraire
espagnole en 1620, bien des convoitises pour son libertinage et
pouvoir séducteur ; c’est surestimer l’individu dont la futilité et
les inhibitions* renvoient plutôt au diagnostic d’hystérie*
masculine.
Dandy
Désigne au XIX°
siècle un homme d’une coquetterie maniérée et pleine d’affectation,
dont la
séduction est bien
trompeuse, car tous les exemples historiques d’Alcibiade à
Baudelaire, de Brummel à Oscar Wilde, n’ont laissé que des femmes
dépitées par leur médiocrité amoureuse.
Dos
Des épaules aux
fesses une vaste étendue de peau lisse et de muscles, parfois
parcourue par la chevelure, raconte dans ses volumes et ses postures
toute l’histoire du corps, et c’est cette mémoire qui la rend si
avide de caresses.
Double pénétration
Il s’agit pour une
femme de consentir à être pénétrée simultanément par coït et
sodomie, mais l’expression convient aussi à une masturbation
concomitante vaginale et anale. La « double » désigne aussi
l’intromission synchrone de deux verges dans le vagin ou par
sodomie. La double fellation n’est pas nommée.
Douceur
Qualité première des
attitudes et des gestes amoureux. Opposée à la vigueur brutale des
étreintes, la douceur d’un sourire ou d’une caresse rythme le
déroulement habituellement trop désordonné de l’excitation, donne
une respiration à l’enchaînement des gestes.
Douche
Accessoire de salle
de bain très fréquemment convoqué avec succès pour déclencher les
premiers orgasmes « clitoridiens » chez des femmes en stage de
découverte.
Douleur
Sensation qui fait
souffrir. La volupté n’est autre que de la douleur qui fait plaisir,
puisque des perceptions aussi opposées naissent pourtant des mêmes
capteurs sensoriels, traversent les mêmes structures neurologiques
jusqu’au cerveau, où elles sont enfin triées selon l’usage qu’il
veut en faire.
Seuil
Le niveau
d’intensité supportable d’une douleur provoquée intentionnellement
dans un rituel
S/M* est bien
supérieur à celui qui déclenche un réflexe instinctif d’autodéfense.
Drag queen
Diminutif de
« dragon » : homosexuel outrageusement travesti. Né dans les milieux
ouvriers anglo-saxons ce transformisme* exubérant se veut une
sous-culture authentique, avec ses rites de passage et son
cérémonial. Cette parodie esthétique d’une féminité « glamour* »,
saturée d’hétérosexualité, se rapproche ainsi du transsexualisme*,
en interpellant le clivage habituel « homo/hétéro » jugé incapable
de rendre compte de telles nouvelles options d’identité sexuelle.
Drague
Chasse à cour de
partenaire.
Drogue
Substance d’origine
naturelle ou chimique dont l’incorporation déclenche des
modifications physiques et/ou mentales, mais aussi une assuétude
plus ou moins invincible.
Dopage
Les toxicomanies
hallucinogènes (y compris l’alcool et les médicaments) peuvent
déclencher un dopage
de l’activité sexuelle, mais il est provisoire et cesse dès que la
dépendance prend le pas sur tout autre motivation.
Dysfonction
Terme générique de
tous les troubles de la sexualité sur leur versant physique.
« Dysharmonie » peut être employé pour qualifier des désordres
relatifs à la communication et aux sentiments.
Dysménorrhée
Phénomènes
douloureux qui précèdent et/ou accompagnent les règles. Le symptôme
gynécologique à la fois le plus fréquent... et le moins respecté par
les compagnons d’alcôve, pourvoyeur ainsi de disputes et
d’incompréhension.
Douleur pelvienne
Ces douleurs liées
au cycle menstruel ne sont cependant qu’un aspect d’un vaste
catalogue de souffrances du « ventre », désespérément énigmatiques,
que le jargon médical qualifie d’algies pelviennes « essentielles »,
avouant ainsi que nul ne les comprend.
Dysorgasmie
Signale le caractère
instable et inachevé de l’accès à l’orgasme féminin. Le plus souvent
s’applique à la quête de la satiété orgastique lors du coït, alors
que la masturbation y concourt déjà.
Dyspareunie
Il s’agit d’une
définition globale de toutes les circonstances qui, aussi bien chez
l’homme que chez la femme, rendent les procédures érotiques
pénibles, quelles qu’elles soient, des simples caresses aux
insertions.
Inhabileté
Si les traitements
médicaux des fauteurs de troubles sont parfois sans effet, c’est
parce
que l’on a méconnu
l’incompétence notoire des plaignants, dont la gaucherie peut faire
aussi mal qu’une cicatrice.
Dysurie
Douleur en urinant,
témoin habituel d’une cystite*.