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Dictionnaire de la Sexualité de l'amour et des pratiques sexuelles    
                                                                                
 
 

Le DICO
de l'amour et des pratiques sexuelles

 

 

G

 

Gag

Tiré de l’anglais pour qualifier un certain style d’humour. Sexuellement, appartient aussi au vocabulaire des anecdotes confidentielles, en désignant une gaffe inattendue et dévastatrice : déchirure de préservatif, oubli de pilule, ou irruption d’un tiers ou vraie panne d’essence...

 

Galanterie

Qui relève du savoir vivre, d’une politesse convenue vis à vis des femmes. Dérivé du vocabulaire courtois du XIV°siècle, où il prenait le sens de « s’amuser », le terme conserve encore aujourd’hui sa connotation élitiste, et a toujours quoi qu’on en dise la faveur des femmes, qui y trouvent un motif de sélection des hommes qui leur font la cour.

 

Gamète

Nom scientifique donné aux cellules « germinales », à savoir les ovules et les spermatozoïdes, qui seules sont capables de fusionner pour former un embryon.

 

Gamine

Qualificatif populaire qui désigne une adolescente encore naïve, mais déjà assez espiègle et turbulente pour se donner des allures de stagiaire en féminité.

 

Gangbang

Terme anglais d’argot pornographique qui décrit la sexualité d’une femme face à un effectif d’au moins cinq partenaires masculins. Restituons à cette boulimie masculine le terme classique  « d’amâtinage », à savoir une « vie de chienne » nommée ainsi dès 1175, dans le droit fil des caninae nuptiae à la romaine...

 

Gants

Accessoires vestimentaires d’usage domestique, médical ou sportif, les gants féminins partagent cependant pour les initiés les mêmes prérogatives exceptionnellement érogènes que les cuissardes. En termes de matières le latex, le crin et le cuir ont leurs adeptes ; les styles varient de la mitaine au gant vénitien (qui monte au-dessus du coude) ; les empaumures cloutées sont l’apanage des dominatrices. Un strip-tease sans l’art de se déganter est aussi fade qu’un régime sans sel.  

 

Garçonne

Surnom d’une lesbienne qui arbore l’accoutrement et les insignes d’une virilité cynique et effrontée.

 

Gay

Terme façonné dans les campus américains des années 1980 pour désigner les homosexuels politiquement engagés.

Gay pride

Le terme anglais pride signifiant l’orgueil légitime, l’amour-propre, mais aussi la troupe, la  bande... l’expression désigne un grand défilé annuel, mis à la mode dans de nombreux pays à l’instar des Etats-Unis, destiné à valoriser

 publiquement le fait de s’enorgueillir d’être gay.

 

 

Géant

Formidable. Attribué au plaisir, dans le langage des lycéens.

 

Gémissement

Souffle plaintif, inarticulé, et lancinant, qui révèle spontanément sous des caresses érogènes, les  espaces de volupté où se répand enfin  l’émotion du lauréat...

Simulation

Vocalisations et grognements, onomatopées et gémissements, appartiennent

incognito au répertoire des simulatrices et des paresseuses.

Génétique

Science biologique qui étudie les lois de l’hérédité, qui élabore un savoir sur l’identification et la transmission des gènes, constituants élémentaires des chromosomes*

 

Génital

Qualifie tout ce qui se rapporte à la transmission de la vie, organes, instinct, appareils, cycles hormonaux, comportements et  pathologies.

 

Gérontophilie

Préférence érotique de jeunes adultes pour les vieillards. L’appétence n’est pas feinte et motive vraiment des partenaires consentant des deux sexes, aussi bien que des couples homosexuels. La réprobation sociale est catégorique car le grand vieillard est symbolique d’une déchéance funeste incompatible avec les clichés doucereux ou gaillards de l’idéal d’amour.

Prohibition

La condamnation des liaisons amoureuses entre personnes très âgées - notamment en institution - est une des injustices les plus imbéciles d’une génération que l’espérance de vie

va placer un jour à son tour dans les mêmes conditions d’exclusion et de ségrégation.

 

Girl

Qualificatif anglais de jeune fille, qui tend à être récupéré par toutes les gamines* du monde.

 

Glamour

Terme emblématique de la presse « pipole* » qui désigne un style de vie ou de mode vestimentaire, à la fois chatoyant et stupide.

 

Gland

Extrémité de la verge, et du clitoris, dont l’équipement sensoriel est exceptionnel pour en faire les zones érogènes* les plus rentables... à condition que les réflexes hémodynamiques* de turgescence soient présents. Leur inhibition*, pour quelque raison que ce soit, laisse l’organe « froid » et inaccessible au plaisir, réagissant même de façon douloureuse à des contacts aussi obstinés qu’infructueux.

 

Gode

Diminutif de « godemichet », verge postiche, appelé également « olisbos », ustensile pénétrant, sans discrimination de sexe, aux vocations innombrables et universellement connu,  dont les matières premières, la fabrication et l’usage remontent à la plus haute antiquité.

Double

Les rares innovations proposées par les industriels du genre sont, avec les « plugs*,

 les godemichets à « double entrée », soit vaginale et anale sur le même bloc plastique,

soit formé d’un long cylindre arrondi aux extrémités, pour être utile

 à deux sous-locataires simultanément.

Gonades

Terme générique en médecine, qui désigne les glandes sexuelles, testicules et ovaires.

 

Gouine

Désigne la lesbienne. Un très vaste champ sémantique est exploité par ailleurs en argot pour nommer l’homosexuelle en rapport avec sa représentation péjorative de « mangeuse » de vulves : « goulue », « gousse » ou « chipette ».

 

Goût

Sens gustatif, localisé à la langue et ses « papilles ». Fournisseur modeste d’émotions - par comparaison avec son voisin olfactif par exemple - infichu de garder le moindre souvenir et peu présent dans les fantasmes, le goût joue un rôle pourtant décisif... dans le dégoût. C’est de l’intensité des perceptions aigres-douces de la sueur et des fluides génitaux dont peut dépendre la poursuite d’une fellation ou d’un léchage vulvaire...

 

Graffiti

Inscriptions naïves et grossières sur des supports Muraux, dans des lieux publics, offrant leur publicité au vu et au su de tous. Défoulements vantards et souvent agressifs, de tradition bien antérieure à l’invention des toilettes publiques, et dont l’héritage burlesque n’a pas été repris par la mode plus récente des « tags ».

 

Griffer

L’égratignure est à l’art érogène ce que la gravure est aux arts plastiques, la fleur du toucher, l’épure de la caresse, un concentré de corps à corps.

Suçon

Dans la série des marquages « anthropophagiques » de l’amour, la succion énergique

de la peau laisse une ecchymose violacée que les adolescents aiment exhiber :

rappel des effets identitaires du tatouage.

 

Groupe (amours de)

L’action singe une bien hypothétique version d’une sexualité à l’état sauvage, à laquelle aucun  primates non humains n’a en réalité jamais adhéré. 

Voir aussi Echangisme et Gangbang.

 

Guincher

Argot démodé qui exprimait le fait d’aller au bal pour une partie de frotti-frotta.

 

Gynécée

L’appartement des femmes dans la Grèce antique, lieu d’intimité énigmatique interdit à toute présence masculine, à l’instar du harem* oriental ou du purdah hindou.

 

Gynécomastie

Hypertrophie des seins chez l’homme. Réponse éphémère au flux hormonal de la puberté, ou chez le vieil homme à des dépôts adipeux, cette poussée mammaire est artificiellement induite chez le travesti* et le transsexuel* par injection d’estrogènes* afin de flatter l’image féminine qu’ils convoitent.

 

H

 

Haine

Passion destructrice. Conséquence, d’une part, des persécutions réelles ou imaginaires de la jalousie, et d’autre part de la conversion des sentiments d’échec de la vie affective en rejet violent du partenaire. La haine est une purge sentimentale qui vide le contenu d’une relation et débouche violemment sur l’exclusion. Elle n’est pas le contraire de l’amour, mais sa dissolution dans la colère.

Haine de soi

Déchaînée contre soi-même à titre de punition inavouable, cette hostilité est sexuellement bien plus destructrice que l’aversion que peut inspirer autrui.

 

Harcèlement

Conduite dite « sexiste » à l’égard des femmes, exercée par une personne ayant autorité, de l’ordre de l’invective impudique, de la menace, du chantage, voire d’attouchements obscènes.

La loi

Si le zèle des mouvements féministes fait l’impasse sur le harcèlement sexuel dont peuvent être victimes des hommes, et des lesbiennes, la loi française ne l’a pas exclu de son texte, l’article 222-33 du code pénal étant applicable à tous les cas de figures.

 

Hard

 « Dur » en anglais, qualifie les médias à caractère pornographique. Les athlètes du coït* qui les interprètes sont des « hardeurs » et « hardeuses », pour le meilleur et pour le pire.

 

Harem

Ou Harâm, dont on rapproche la racine arabe horm qui désigne un sanctuaire, lieu prohibé aux profanes et ici, le lieu tabou où vivent les femmes du sérail. Le mythe magnifié alimente encore d’incorrigibles représentations érotiques.

 

Harnais

Ensemble de sangles en cuir qui entourent la tête (avec ou sans muselière), le torse, la taille (avec ou sans gode* gonflable amovible) permettant de tenir les soumis* en laisse, ou de les rassembler en attelage.

 

Hédonisme

Une philosophie de l’existence qui prône comme principe élémentaire la recherche du plaisir. L’hédoniste n’est pas forcément libertin  (c’est à dire en rupture avec les bons usages de son temps) mais pour ainsi dire « bon vivant », avec cette petite pointe d’appréhension qui touche à la fragilité des choses agréables que l’on sait éphémères.

 

Hémodynamique

Fonction qui module la circulation sanguine dans l’organisme, un organe, une zone cutanée. Le système vasculaire est avec le système nerveux le principal acteur de terrain de la sexualité. L’excitation crée un réflexe de dilatation des artères et le sang qui les parcourt alors en quantité modifie la morphologie de l’organe (érection, turgescence du clitoris, par exemple), et « enflamme » les zones érogènes.

 

 

 

Hémospermie

Présence de sang dans l’éjaculation. Le sperme peut être de couleur rouille, ou strié d’un filet rouge vif. La source de ce saignement inattendu et inquiétant n’est jamais établie avec certitude. Il cède spontanément, sans récidive. Privilège éphémère de  la jeunesse, il peut être soupçonné  de trahir une hyperactivité sexuelle endommageant la prostate, mais sans séquelle.

 

Hermaphrodisme

Désigne en médecine la présence chez un même individu des organes masculins et féminins, mais les malformations sont plus fréquemment limitées aux organes génitaux, dans le cadre de « pseudo-hermaphrodisme » de gravité variable.

Voir aussi Androgyne.

 

Herpès

Maladie virale, fréquente et sexuellement contagieuse, qui se manifeste par  la survenue brutale de petites vésicules, isolées ou en « bouquet », très douloureuses, qui disparaissent en huit jours, mais laissant désormais définitivement en place une « colonie » virale, toujours susceptible de nouvelles poussées.

 

Hétaïre

Courtisane de haute volée, au raffinement élitiste,  dans la Grèce antique du V° siècle avant notre ère. Le mot présuppose une fonction de « compagne » - dont une forme manifestement édulcorée aujourd’hui serait « l’escort girl » - très richement illustrée aussi dans la tradition japonaise de la geisha.

 

Hétérosexualité

Terme qui date de la fin du XIX° siècle, et qui désignait la sexualité que partagent hommes et  femmes, ce que l’on traduit mot à mot aujourd’hui par la formule en anglais : MSW  (Men who have Sex with Women).

 

Hirsutisme

Désigne tout excès de pilosité chez la femme (on dit aussi « virilisme »). Des désordres hormonaux au profit des androgènes* sont responsables de cette masculinisation, pouvant abaisser le ton de la voix et hypertrophier le clitoris. 

 

Homosexualité

Terme qui date de la fin du XIX° siècle, et qui désignait la sexualité que partagent des hommes entre eux, ce que l’on traduit aujourd’hui par la formule en anglais : MSM (Men who have Sex with Men), ou des femmes entre elles : WSW (Women who have Sex with Women).

Homophobie

Hantise collective de l’homosexualité. Le classement entre deux dynasties de comportements s’opère depuis la nuit des temps autour d’une conception arbitraire de la norme, qu’aucune connaissance scientifique ne permet de valider ou d’infirmer catégoriquement.

 

Honte

Double sentiment, d’assujettissement humiliant et de pudeur offensée, autrement dit, la honte de soi rend pathétique la hantise d’être vexé par autrui. Dans le couple la honte prend souvent le désir en otage, dès que la décence se trouve menacée, ou que des propositions jugées inacceptables prennent l’allure d’une injure.

 

Hostilité

Le non respect de ce veto est vécu comme une offense inadmissible, et sera un des motifs les plus secrets, les plus efficaces d’une rupture.

 

Hormones

Substances chimiques, testostérone* et estrogènes* par exemple, véritables « messagers » de l’information biologique, sécrétées par des organes particuliers dits « glandulaires » et déversées dans le sang qui les transporte jusqu'à leur cible.

 

Humour

Preuve de savoir-vivre, qui est au marasme du désir ce que l’hygiène est au dégoût, à savoir, une contre-attaque pour sauver le plaisir.

 

Hygiène

Preuve de savoir-vivre, qui est au dégoût ce que l’humour est au marasme du désir, à savoir, une contre-attaque pour sauver le plaisir.

 

Hymen

Fine rondelle membraneuse à l’entrée du vagin, qui en limite l’ouverture, mais dont la forme, la consistance, la résistance à l’écartement, la vascularisation, la sensibilité, sont infiniment variables d’une pucelle* à l’autre.

Hyménée

Terme grec évoquant les cris et les chants du mariage, restitué par les poètes depuis

 Pierre de Ronsard (1524-1585) dans l’évocation lyrique de la sexualité conjugale.

 

Hypermastie

Dimensions « monstrueuses » des seins, expression d’un fétichisme* pornographique traditionnel en Italie et aux Etats-Unis.

 

Hypnose

Etat de suggestion, d’affaiblissement de la vigilance, de mise sous l’influence toute puissante d’un mentor... Très en vogue à la fin du XIX° siècle, réadaptée au monde moderne et à ses besoins de thérapies câlines et paresseuses, sous le vocable de « sophrologie », cette hypothétique levée passive des inhibitions*  n’a de prise que sur des intelligences affaiblies.

 

Hystérectomie

Intervention chirurgicale d’ablation de l’utérus ; cette exérèse n’est pas une castration* tant que les ovaires ne sont pas perdus à leur tour, mais elle est vécue ainsi encore trop souvent du point de vue symbolique, à cause du silence des chirurgiens à cet égard.

 

Hystérie

Désigne à tort en langage populaire une hypersexualité brouillonne et ravageuse. Maladie mentale en réalité, liée à un effondrement invisible de la personnalité, que traduit l’excentricité apparente mais qui aboutit à une impossibilité de se sentir femme et d’en jouir.